Catastrophe imminente, une menace indéfinie, photographies de paysages vidés de toute présence humaine, documents manuscrits, temps post-apocalyptique. Il se noue ici une tension dramatique où phénomènes climatiques insolites, objets saisis dans une troublante solennité, prédateurs et corps humain tronqués, tordus, déformés composent une atmosphère de violence et d’angoisse.

C’est un anti-manuel de survie que nous avons devant les yeux, qui révèle avec ironie l’absurdité de cette stratégie d’anticipation. Les allusions au temps pré-historique ne sont qu’une imitation, un déguisement. Les flèches, dessinées d’après des plans d’évacuation d’hôtels, indiquaient à l’origine le chemin à suivre pour être assuré de trouver l’issue de secours. Mais isolées de leur contexte, elles ne pointent désormais plus vers rien, tout comme les questionnements des Survivalistes « treillis-rangers » du texte de fiction accompagnant ce travail: « Et s’il n’y avait plus du tout d’eau potable ? Et s’il faisait extrêmement froid ? ».
Alors subsistent les images, qui interrogent notre rapport conflictuel à la nature. La survie en dehors de la civilisation exige de renouer avec nos instincts fondamentaux, et les prédateurs représentés ici mettent en lumière la part animale qu’il nous faut développer pour avoir une chance de survie dans ce monde de l’après : donner priorité aux besoins élémentaires, être aux aguets, sentir le danger, trouver un refuge, savoir ce qui est comestible. Mais c’est un constat d’échec : les humains apparaissent comme engourdis, vulnérables et se contentent de mimer de façon grotesque des postures menaçantes. Ces photographies nous mettent devant notre impuissance et notre défiance vis-à-vis d’une vie sauvage avec laquelle nous avons coupé les liens et dont nous ne connaissons plus rien.
Il s’agirait donc de survivre, mais rien n’est sûr. Cette catastrophe imminente est-elle réelle ? N’est-ce pas plutôt une attente flottante, contemplative, d’un monde qui se dégrade ? Ces plans de secours peuvent-ils nous aider ? Et que faire de ces listes de choses à avoir en cas de survie, jusqu’où va-t-on avec des allumettes tempête ?

Piano - Joseph Charroy
Les Climats II (Japon) - Lola Reboud, Mariko Takeuchi
Je ne peux pas ne pas - Geneviève Romang
Cyclone - Juliette Chalaye
Le Gabion - Théo Robine-Langlois
Hmm ! - C. de Trogoff
Artzines # 10 - Show & Tell #2 NY Special
Pectus Excavatum - Quentin Yvelin
Anthologie Douteuses (2010—2020) - Élodie Petit & Marguerin Le Louvier
De lave et de fer - Laurent Feynerou
16 x 421 - Lorraine Druon
Entretiens – Jérôme Dupeyrat
Saveurs imprévues et secrètes - Gilbert Lascault
Critique & création - L.L. de Mars
In The Navy - Julien Kedryna
Link Human / Robot - Collectif dir. Emmanuelle Grangier
Eros negro n°3 - Démoniak
Manifeste d'intérieurs ; penser dans les médias élargis - Javier Fernández Contreras
Échec et scotome - Jean Otth
Dada à Zurich – Le mot et l’image (1915-1916)Hugo Ball
Holyhood, vol. 1 — Guadalupe, California - Alessandro Mercuri
Watch out - Anne-Émilie-Philippe
Collective of sights
Le vieux père - Laurent Kropf
Promenade au pays de l'écriture - Armando Petrucci
Imagos - Noémie Lothe
Donne des racines au loup-garou & fais courir l'arbre la nuit - Pauline Barzilaï
Shanghai Cosmetic - Leslie Moquin
Eros negro #2 - Demoniak
JJ – Tartine-moi et autres textes - Jill Johnston
Un cahier - Michel Quarez
Aristide n°4
Autodrône - Divine Vizion
Critique d'art n°54
Un peu comme voir dans la nuit - Leif Elggren + CD
Délié - Baptiste Oberson
Saint Julien l'hospitalier Tome 1 - Claire Pedot
Gros Gris n°4 - Duel 









