Catastrophe imminente, une menace indéfinie, photographies de paysages vidés de toute présence humaine, documents manuscrits, temps post-apocalyptique. Il se noue ici une tension dramatique où phénomènes climatiques insolites, objets saisis dans une troublante solennité, prédateurs et corps humain tronqués, tordus, déformés composent une atmosphère de violence et d’angoisse.

C’est un anti-manuel de survie que nous avons devant les yeux, qui révèle avec ironie l’absurdité de cette stratégie d’anticipation. Les allusions au temps pré-historique ne sont qu’une imitation, un déguisement. Les flèches, dessinées d’après des plans d’évacuation d’hôtels, indiquaient à l’origine le chemin à suivre pour être assuré de trouver l’issue de secours. Mais isolées de leur contexte, elles ne pointent désormais plus vers rien, tout comme les questionnements des Survivalistes « treillis-rangers » du texte de fiction accompagnant ce travail: « Et s’il n’y avait plus du tout d’eau potable ? Et s’il faisait extrêmement froid ? ».
Alors subsistent les images, qui interrogent notre rapport conflictuel à la nature. La survie en dehors de la civilisation exige de renouer avec nos instincts fondamentaux, et les prédateurs représentés ici mettent en lumière la part animale qu’il nous faut développer pour avoir une chance de survie dans ce monde de l’après : donner priorité aux besoins élémentaires, être aux aguets, sentir le danger, trouver un refuge, savoir ce qui est comestible. Mais c’est un constat d’échec : les humains apparaissent comme engourdis, vulnérables et se contentent de mimer de façon grotesque des postures menaçantes. Ces photographies nous mettent devant notre impuissance et notre défiance vis-à-vis d’une vie sauvage avec laquelle nous avons coupé les liens et dont nous ne connaissons plus rien.
Il s’agirait donc de survivre, mais rien n’est sûr. Cette catastrophe imminente est-elle réelle ? N’est-ce pas plutôt une attente flottante, contemplative, d’un monde qui se dégrade ? Ces plans de secours peuvent-ils nous aider ? Et que faire de ces listes de choses à avoir en cas de survie, jusqu’où va-t-on avec des allumettes tempête ?

Prose postérieure - Les commissaires anonymes
Cruiser l'utopie – L'après et ailleurs de l'advenir queer - José Esteban Muñoz
Eurob0ys Crysis - Massimiliano Bomba, Leon Sadler, Yannick Val Gesto
Fluent - Laëticia Donval
Shanghai Cosmetic - Leslie Moquin
Cuadernos - Henry Deletra
Saint Julien l'hospitalier Tome 2 - Claire Pedot
Piano - Joseph Charroy
Seoul Flowers & Trees - tribute to Lee Friedlander
In The Navy - Julien Kedryna
Dernier royaume - Quentin Derouet
Mökki n°2
Philonimo - Le Porc-épic de Schopenhauer - Alice Brière-Haquet, Olivier Philipponneau
Norovirus - Orgie en mers chaudes - Claude Grétillat
La beauté d'une musique qui ne compte pas - Kenneth Gaburo
Un peu comme voir dans la nuit - Leif Elggren + CD
De tels baisers - Jul Gordon
Le dos des choses - Guillaume Goutal
Bambi # 4 - Collectif
Vacuité 9090 - Jérémy Piningre
Rasclose - Geoffroy Mathieu
Un essai sur la typographie - Eric Gill
Goodbye - Hsia-Fei Chang, Sofia Eliza Bouratsis, Medhi Brit, Enrico Lunghi
Objets Minces - Collectif
Halogènure # 09
Philonimo - Le Papillon de Tchouang-Tseu - Alice Brière-Haquet, Raphaële Enjary
Prendre l’image, Le graphisme comme situation politique - Olivier Huz
Lavalse des tambours - Paul Rey
Slanted 24 - Istanbul
La prise - Florian Javet
Le Gabion - Théo Robine-Langlois
Je ne peux pas ne pas - Geneviève Romang
Jérôme LeGlatin (avec Mel Crawford) - Le Crash
Philonimo - Le Canard de Wittgenstein - Alice Brière-Haquet, Loïc Gaume
Bande Annonce - Cinéma & Bande Dessinée - Coll.
De lave et de fer - Laurent Feynerou
Recto Versu - Bill Noir
Critique d'art n°55
Eldorado maximum - Les commissaires anonymes
Le Choix du peuple - Nicolas Savary, Tilo Steireif 









