Catastrophe imminente, une menace indéfinie, photographies de paysages vidés de toute présence humaine, documents manuscrits, temps post-apocalyptique. Il se noue ici une tension dramatique où phénomènes climatiques insolites, objets saisis dans une troublante solennité, prédateurs et corps humain tronqués, tordus, déformés composent une atmosphère de violence et d’angoisse.

C’est un anti-manuel de survie que nous avons devant les yeux, qui révèle avec ironie l’absurdité de cette stratégie d’anticipation. Les allusions au temps pré-historique ne sont qu’une imitation, un déguisement. Les flèches, dessinées d’après des plans d’évacuation d’hôtels, indiquaient à l’origine le chemin à suivre pour être assuré de trouver l’issue de secours. Mais isolées de leur contexte, elles ne pointent désormais plus vers rien, tout comme les questionnements des Survivalistes « treillis-rangers » du texte de fiction accompagnant ce travail: « Et s’il n’y avait plus du tout d’eau potable ? Et s’il faisait extrêmement froid ? ».
Alors subsistent les images, qui interrogent notre rapport conflictuel à la nature. La survie en dehors de la civilisation exige de renouer avec nos instincts fondamentaux, et les prédateurs représentés ici mettent en lumière la part animale qu’il nous faut développer pour avoir une chance de survie dans ce monde de l’après : donner priorité aux besoins élémentaires, être aux aguets, sentir le danger, trouver un refuge, savoir ce qui est comestible. Mais c’est un constat d’échec : les humains apparaissent comme engourdis, vulnérables et se contentent de mimer de façon grotesque des postures menaçantes. Ces photographies nous mettent devant notre impuissance et notre défiance vis-à-vis d’une vie sauvage avec laquelle nous avons coupé les liens et dont nous ne connaissons plus rien.
Il s’agirait donc de survivre, mais rien n’est sûr. Cette catastrophe imminente est-elle réelle ? N’est-ce pas plutôt une attente flottante, contemplative, d’un monde qui se dégrade ? Ces plans de secours peuvent-ils nous aider ? Et que faire de ces listes de choses à avoir en cas de survie, jusqu’où va-t-on avec des allumettes tempête ?

Fluent - Laëticia Donval
In The Navy - Julien Kedryna
Assembly - Sam Porritt
Rois de la forêt - Alain Garlan
Hmm ! - C. de Trogoff
Pas vu Pas pris - Collectif, Olivier Deloignon, Guillaume Dégé
Un cahier - Michel Quarez
Ar(t)chitectures situées - Étienne Delprat
Comic Book (Untitled) - Stéphanie Leinhos
Grilles - Zelda Mauger
Rond-point au mammouth - Sur une idée de Veit Stratmann
Holyhood, vol. 1 — Guadalupe, California - Alessandro Mercuri
Rupture (fragments) - Benjamin Monti, Jean-Charles Andrieu de Levis
We want to look up at the Sun, but could the Sun be looking down on us? - Rudy Guedj & Olivier Goethals
Poétique d'une introspection visuelle - Jean-Charles Andrieu de Levis, Alex Barbier
Acteurs d'un film gravé. Docteur A. Infirmier O. - Annabelle Dupret, Olivier Deprez et Adolpho Avril
16 x 421 - Lorraine Druon
Holy Mountain - Maia Matches, Knuckles & Notch
Der Erste Rotkehlchen - Le livre
Débris N°2 - Théo Garnier Greuez
Poèmes - Yvonne Rainer
Retour d'y voir - n° 1 & 2 - Mamco
ARTZINES #1, Paris issue
Ventoline 5 - Coll.
Laura Mulvay - Fetichisme et curiosité
Mosaïque d'asphalte - Jack Torrance
Jean-Jacques a dit - Angèle Douche
Dear Paul - Paul Van der Eerden
Migrant Mother, Migrant Gender - Sally Stein
Donne des racines au loup-garou & fais courir l'arbre la nuit - Pauline Barzilaï
Roven n°4
Piano - Joseph Charroy
Le singe et le bijoux - Roxane Lumeret
Gros Gris n°4 - Duel
Incipit - Aymeric Vergnon
Le corps travesti - Michel Journiac
9 octobre 1977 - Roberto Varlez
Une goutte d'homme - Alice Dourlen
Editer l’art – Leszek Brogowski
Zoom Age - Julien Auregan
Aurore Colbert - Marie Mons 









