Catastrophe imminente, une menace indéfinie, photographies de paysages vidés de toute présence humaine, documents manuscrits, temps post-apocalyptique. Il se noue ici une tension dramatique où phénomènes climatiques insolites, objets saisis dans une troublante solennité, prédateurs et corps humain tronqués, tordus, déformés composent une atmosphère de violence et d’angoisse.

C’est un anti-manuel de survie que nous avons devant les yeux, qui révèle avec ironie l’absurdité de cette stratégie d’anticipation. Les allusions au temps pré-historique ne sont qu’une imitation, un déguisement. Les flèches, dessinées d’après des plans d’évacuation d’hôtels, indiquaient à l’origine le chemin à suivre pour être assuré de trouver l’issue de secours. Mais isolées de leur contexte, elles ne pointent désormais plus vers rien, tout comme les questionnements des Survivalistes « treillis-rangers » du texte de fiction accompagnant ce travail: « Et s’il n’y avait plus du tout d’eau potable ? Et s’il faisait extrêmement froid ? ».
Alors subsistent les images, qui interrogent notre rapport conflictuel à la nature. La survie en dehors de la civilisation exige de renouer avec nos instincts fondamentaux, et les prédateurs représentés ici mettent en lumière la part animale qu’il nous faut développer pour avoir une chance de survie dans ce monde de l’après : donner priorité aux besoins élémentaires, être aux aguets, sentir le danger, trouver un refuge, savoir ce qui est comestible. Mais c’est un constat d’échec : les humains apparaissent comme engourdis, vulnérables et se contentent de mimer de façon grotesque des postures menaçantes. Ces photographies nous mettent devant notre impuissance et notre défiance vis-à-vis d’une vie sauvage avec laquelle nous avons coupé les liens et dont nous ne connaissons plus rien.
Il s’agirait donc de survivre, mais rien n’est sûr. Cette catastrophe imminente est-elle réelle ? N’est-ce pas plutôt une attente flottante, contemplative, d’un monde qui se dégrade ? Ces plans de secours peuvent-ils nous aider ? Et que faire de ces listes de choses à avoir en cas de survie, jusqu’où va-t-on avec des allumettes tempête ?

Dear Paul - Paul Van der Eerden
Revue La Ronde n°14
Bambi # 4 - Collectif
Mökki n°2
Halogénure #04
Paris la Consciencieuse : Paris la Guideuse du monde - Frédéric Bruly Bouabré
Good Company - Paul Van der Eerden
Gros Gris n°4 - Duel
Clubhouse #14 - Colorama Books
moj’am al arabeia - Farah Khelil & antoine lefebvre editions
Temps d'arrêt - Etienne Buyse
Keywording (Post) Contemporary Art - Greta Rusttt
Vacuité 9090 - Jérémy Piningre
Illusive prosody - Alex Beaurain
Photographic Fields - Joël Van Audenhaege
L'abécédaire d'un typographe - Gerrit Noordzij; Jost Hochuli
Shanghai Cosmetic - Leslie Moquin
In The Navy - Julien Kedryna
Les Grands Ensembles - Léo Guy-Denarcy
"Maria ! I've just drawn a girl named Maria..."
Après la révolution – numéro 1
Denver Mosaic 1961 - René Heyvaert
Dédale - Laurent Chardon
Saint Julien l'hospitalier Tome 2 - Claire Pedot
Seoul Flowers & Trees - tribute to Lee Friedlander 









