Catastrophe imminente, une menace indéfinie, photographies de paysages vidés de toute présence humaine, documents manuscrits, temps post-apocalyptique. Il se noue ici une tension dramatique où phénomènes climatiques insolites, objets saisis dans une troublante solennité, prédateurs et corps humain tronqués, tordus, déformés composent une atmosphère de violence et d’angoisse.

C’est un anti-manuel de survie que nous avons devant les yeux, qui révèle avec ironie l’absurdité de cette stratégie d’anticipation. Les allusions au temps pré-historique ne sont qu’une imitation, un déguisement. Les flèches, dessinées d’après des plans d’évacuation d’hôtels, indiquaient à l’origine le chemin à suivre pour être assuré de trouver l’issue de secours. Mais isolées de leur contexte, elles ne pointent désormais plus vers rien, tout comme les questionnements des Survivalistes « treillis-rangers » du texte de fiction accompagnant ce travail: « Et s’il n’y avait plus du tout d’eau potable ? Et s’il faisait extrêmement froid ? ».
Alors subsistent les images, qui interrogent notre rapport conflictuel à la nature. La survie en dehors de la civilisation exige de renouer avec nos instincts fondamentaux, et les prédateurs représentés ici mettent en lumière la part animale qu’il nous faut développer pour avoir une chance de survie dans ce monde de l’après : donner priorité aux besoins élémentaires, être aux aguets, sentir le danger, trouver un refuge, savoir ce qui est comestible. Mais c’est un constat d’échec : les humains apparaissent comme engourdis, vulnérables et se contentent de mimer de façon grotesque des postures menaçantes. Ces photographies nous mettent devant notre impuissance et notre défiance vis-à-vis d’une vie sauvage avec laquelle nous avons coupé les liens et dont nous ne connaissons plus rien.
Il s’agirait donc de survivre, mais rien n’est sûr. Cette catastrophe imminente est-elle réelle ? N’est-ce pas plutôt une attente flottante, contemplative, d’un monde qui se dégrade ? Ces plans de secours peuvent-ils nous aider ? Et que faire de ces listes de choses à avoir en cas de survie, jusqu’où va-t-on avec des allumettes tempête ?

Voir la Palestine, Contre-champs artistiques - Stefanie Baumann
Autodrône - Divine Vizion
Keywording (Post) Contemporary Art - Greta Rusttt
52 vendredis — Léonore Emond, Damien Duparc, Yaïr Barelli et Charlotte York
Poétique d'une introspection visuelle - Jean-Charles Andrieu de Levis, Alex Barbier
Watch out - Anne-Émilie-Philippe
Lavalse des tambours - Paul Rey
America - Ayline Olukman, Hélène Gaudy
twen [1959–1971]
Pectus Excavatum - Quentin Yvelin
Email Diamant - Fabienne Radi
Fluent - Laëticia Donval
Je ne peux pas ne pas - Geneviève Romang
Mosaïque d'asphalte - Jack Torrance
WREK The Algorithm! - Aarnoud Rommens, Olivier Deprez
Pour une esthétique de l'émancipation - Isabelle Alfonsi
Titanic Orchestra - Julien Mauve
Assembly - Sam Porritt
Critique d'art n°56
Salt Crystal - Fabio Parizzi
Papier magazine n°06 - Coupe du monde
Le chateau enchanté - Atelier Mclane
Modern Instances, The Craft of Photography - Stephen Shore
De tels baisers - Jul Gordon
Rasclose - Geoffroy Mathieu 









