Catastrophe imminente, une menace indéfinie, photographies de paysages vidés de toute présence humaine, documents manuscrits, temps post-apocalyptique. Il se noue ici une tension dramatique où phénomènes climatiques insolites, objets saisis dans une troublante solennité, prédateurs et corps humain tronqués, tordus, déformés composent une atmosphère de violence et d’angoisse.

C’est un anti-manuel de survie que nous avons devant les yeux, qui révèle avec ironie l’absurdité de cette stratégie d’anticipation. Les allusions au temps pré-historique ne sont qu’une imitation, un déguisement. Les flèches, dessinées d’après des plans d’évacuation d’hôtels, indiquaient à l’origine le chemin à suivre pour être assuré de trouver l’issue de secours. Mais isolées de leur contexte, elles ne pointent désormais plus vers rien, tout comme les questionnements des Survivalistes « treillis-rangers » du texte de fiction accompagnant ce travail: « Et s’il n’y avait plus du tout d’eau potable ? Et s’il faisait extrêmement froid ? ».
Alors subsistent les images, qui interrogent notre rapport conflictuel à la nature. La survie en dehors de la civilisation exige de renouer avec nos instincts fondamentaux, et les prédateurs représentés ici mettent en lumière la part animale qu’il nous faut développer pour avoir une chance de survie dans ce monde de l’après : donner priorité aux besoins élémentaires, être aux aguets, sentir le danger, trouver un refuge, savoir ce qui est comestible. Mais c’est un constat d’échec : les humains apparaissent comme engourdis, vulnérables et se contentent de mimer de façon grotesque des postures menaçantes. Ces photographies nous mettent devant notre impuissance et notre défiance vis-à-vis d’une vie sauvage avec laquelle nous avons coupé les liens et dont nous ne connaissons plus rien.
Il s’agirait donc de survivre, mais rien n’est sûr. Cette catastrophe imminente est-elle réelle ? N’est-ce pas plutôt une attente flottante, contemplative, d’un monde qui se dégrade ? Ces plans de secours peuvent-ils nous aider ? Et que faire de ces listes de choses à avoir en cas de survie, jusqu’où va-t-on avec des allumettes tempête ?

Les Grands Ensembles - Léo Guy-Denarcy
Inframince et hyperlié - Philippe Lipcare
il y avait une ville - Laeticia L'Heureux
Ventoline 5 - Coll.
Eurob0ys Crysis - Massimiliano Bomba, Leon Sadler, Yannick Val Gesto
Photographic Fields - Joël Van Audenhaege
Idoine & Antonin Giroud-Delorme
Titanic Orchestra - Julien Mauve
Tupera Tupera Postcard Book
CURIOSITY — David Lynch
Entretiens – Jérôme Dupeyrat
Une goutte d'homme - Alice Dourlen
Der Erste Rotkehlchen - Le livre
L'inventaire des destructions - Éric Watier
Il est si difficile de trouver le commencement - Helen Thorington
Polygone n°01 - Amour - Collectif
Carnivore - Grow
UP8 — Pour une pédagogie de l'architecture
Un cheval, des silex - Benoît Maire, Sally Bonn
It was a good day - Jeremy Le Corvaisier
Pénurie - Zivo, Jérôme Meizoz
akaBB - tribute to Roni horn
Planning - Pierre Escot
Mosaïque d'asphalte - Jack Torrance
Amos Gitai et l'enjeu des archives - Jean-Michel Frodon
De l'objet (comme un parcours) - Collectif, Sandra Chamaret
Good Company - Paul Van der Eerden
Migrant Mother, Migrant Gender - Sally Stein
Acteurs d'un film gravé. Docteur A. Infirmier O. - Annabelle Dupret, Olivier Deprez et Adolpho Avril
Saint Julien l'hospitalier Tome 1 - Claire Pedot
Lumières - Guillaume Chauchat
Délié - Baptiste Oberson
Critique d'art n°56
Talweg 6 - La distance
Konrad Becker - Dictionnaire de réalité stratégique
The Shelf - Journal 3
Cyclone - Juliette Chalaye
Modern Instances, The Craft of Photography - Stephen Shore
Les soleils qui tournent ont des oreilles - coll.
Le lacéré anonyme - Jacques Villeglé
Zoom Age - Julien Auregan
Graphic Design Is (…) Not Innocent - Ingo Offermanns
Dernier royaume - Quentin Derouet
Cuadernos - Henry Deletra
(page 1 et 17) - Lorraine Druon
Eros negro #2 - Demoniak
Citrus maxima xparadisi - coll.
Lazy Painter - Angela Gjergjaj, Jordi Bucher and Mirco Petrini
À partir de n°1 - Coll.
movement in squares - Stefanie Leinhos
16 x 421 - Lorraine Druon
Pas vu Pas pris - Collectif, Olivier Deloignon, Guillaume Dégé
Donne des racines au loup-garou & fais courir l'arbre la nuit - Pauline Barzilaï 









