Catastrophe imminente, une menace indéfinie, photographies de paysages vidés de toute présence humaine, documents manuscrits, temps post-apocalyptique. Il se noue ici une tension dramatique où phénomènes climatiques insolites, objets saisis dans une troublante solennité, prédateurs et corps humain tronqués, tordus, déformés composent une atmosphère de violence et d’angoisse.

C’est un anti-manuel de survie que nous avons devant les yeux, qui révèle avec ironie l’absurdité de cette stratégie d’anticipation. Les allusions au temps pré-historique ne sont qu’une imitation, un déguisement. Les flèches, dessinées d’après des plans d’évacuation d’hôtels, indiquaient à l’origine le chemin à suivre pour être assuré de trouver l’issue de secours. Mais isolées de leur contexte, elles ne pointent désormais plus vers rien, tout comme les questionnements des Survivalistes « treillis-rangers » du texte de fiction accompagnant ce travail: « Et s’il n’y avait plus du tout d’eau potable ? Et s’il faisait extrêmement froid ? ».
Alors subsistent les images, qui interrogent notre rapport conflictuel à la nature. La survie en dehors de la civilisation exige de renouer avec nos instincts fondamentaux, et les prédateurs représentés ici mettent en lumière la part animale qu’il nous faut développer pour avoir une chance de survie dans ce monde de l’après : donner priorité aux besoins élémentaires, être aux aguets, sentir le danger, trouver un refuge, savoir ce qui est comestible. Mais c’est un constat d’échec : les humains apparaissent comme engourdis, vulnérables et se contentent de mimer de façon grotesque des postures menaçantes. Ces photographies nous mettent devant notre impuissance et notre défiance vis-à-vis d’une vie sauvage avec laquelle nous avons coupé les liens et dont nous ne connaissons plus rien.
Il s’agirait donc de survivre, mais rien n’est sûr. Cette catastrophe imminente est-elle réelle ? N’est-ce pas plutôt une attente flottante, contemplative, d’un monde qui se dégrade ? Ces plans de secours peuvent-ils nous aider ? Et que faire de ces listes de choses à avoir en cas de survie, jusqu’où va-t-on avec des allumettes tempête ?

Illusive prosody - Alex Beaurain
Un essai sur la typographie - Eric Gill
Sans titre - Chris Kiss
A l'origine - Anne-Émilie-Philippe
Acteurs d'un film gravé. Docteur A. Infirmier O. - Annabelle Dupret, Olivier Deprez et Adolpho Avril
Dernier royaume - Quentin Derouet
Un cheval, des silex - Benoît Maire, Sally Bonn
Le chateau enchanté - Atelier Mclane
Pas vu Pas pris - Collectif, Olivier Deloignon, Guillaume Dégé
Gruppen n°13 - Collectif
Strates & Archipels - Pierre Merle
Women journal #3
☀ - Manon Demarles
Critique d'art n°55
Talweg 6 - La distance
Inframince et hyperlié - Philippe Lipcare
Pectus Excavatum - Quentin Yvelin
Une goutte d'homme - Alice Dourlen
Le blanc nez - Fouss Daniel
Idoine & Sissy Hankshaw
Ellipse - Ismail Alaoui-Fdili
L'internationale modique (AND 3) - J-M. Bertoyas
IRL - In real life n°1 - Coll.
ARTZINES #1, Paris issue
Modern Instances, The Craft of Photography - Stephen Shore
Der Erste Rotkehlchen - Le livre
Jean-Jacques a dit - Angèle Douche
WREK The Algorithm! - Aarnoud Rommens, Olivier Deprez
Il était deux fois - Gary Colin
Prose postérieure - Les commissaires anonymes
À partir de n°1 - Coll.
Radio-Art - Tetsuo Kogawa
Sans titre - Benjamin Hartmann
Zoom Age - Julien Auregan
Photographic Fields - Joël Van Audenhaege
Le corps travesti - Michel Journiac
Lisa Zordan . one-shot the end
Berlin Design Digest
Fluent - Laëticia Donval
Délié - Baptiste Oberson
La troisième oreille et autres textes + CD - Bryan Lewis Saunders
Introduction à l'esthétique - Nakai Masakazu
Les Climats II (Japon) - Lola Reboud, Mariko Takeuchi 









