Catastrophe imminente, une menace indéfinie, photographies de paysages vidés de toute présence humaine, documents manuscrits, temps post-apocalyptique. Il se noue ici une tension dramatique où phénomènes climatiques insolites, objets saisis dans une troublante solennité, prédateurs et corps humain tronqués, tordus, déformés composent une atmosphère de violence et d’angoisse.

C’est un anti-manuel de survie que nous avons devant les yeux, qui révèle avec ironie l’absurdité de cette stratégie d’anticipation. Les allusions au temps pré-historique ne sont qu’une imitation, un déguisement. Les flèches, dessinées d’après des plans d’évacuation d’hôtels, indiquaient à l’origine le chemin à suivre pour être assuré de trouver l’issue de secours. Mais isolées de leur contexte, elles ne pointent désormais plus vers rien, tout comme les questionnements des Survivalistes « treillis-rangers » du texte de fiction accompagnant ce travail: « Et s’il n’y avait plus du tout d’eau potable ? Et s’il faisait extrêmement froid ? ».
Alors subsistent les images, qui interrogent notre rapport conflictuel à la nature. La survie en dehors de la civilisation exige de renouer avec nos instincts fondamentaux, et les prédateurs représentés ici mettent en lumière la part animale qu’il nous faut développer pour avoir une chance de survie dans ce monde de l’après : donner priorité aux besoins élémentaires, être aux aguets, sentir le danger, trouver un refuge, savoir ce qui est comestible. Mais c’est un constat d’échec : les humains apparaissent comme engourdis, vulnérables et se contentent de mimer de façon grotesque des postures menaçantes. Ces photographies nous mettent devant notre impuissance et notre défiance vis-à-vis d’une vie sauvage avec laquelle nous avons coupé les liens et dont nous ne connaissons plus rien.
Il s’agirait donc de survivre, mais rien n’est sûr. Cette catastrophe imminente est-elle réelle ? N’est-ce pas plutôt une attente flottante, contemplative, d’un monde qui se dégrade ? Ces plans de secours peuvent-ils nous aider ? Et que faire de ces listes de choses à avoir en cas de survie, jusqu’où va-t-on avec des allumettes tempête ?

Gruppen n°14 - Collectif
Temps d'arrêt - Etienne Buyse
Lili, la rozell et le marimba / revue n°2
WREK The Algorithm! - Aarnoud Rommens, Olivier Deprez
Plaisir Solide - Hélène Bellenger & Charlotte Perrin
Slanted 24 - Istanbul
interférence - 2 - maycec
Il était deux fois - Gary Colin
Le Gabion - Théo Robine-Langlois
Catalogue Art Guys - That's painting productions, Bernard Brunon
Rasclose - Geoffroy Mathieu
Aurore Colbert - Marie Mons
Prose postérieure - Les commissaires anonymes
Pectus Excavatum - Quentin Yvelin
Mökki n°4
Fluent - Laëticia Donval
Gruppen n°13 - Collectif
People in a faraday cage - Stéphanie Gygax
Holy etc. - Fabienne Radi
Papier magazine n°06 - Coupe du monde
Heads Together – Weed and the Underground Press Syndicate - David Jacob Kramer
Le chateau enchanté - Atelier Mclane
Étrangement seuls - Jean-Pascal Princiaux
Halogénure #04
Goodbye - Hsia-Fei Chang, Sofia Eliza Bouratsis, Medhi Brit, Enrico Lunghi
Le blanc nez - Fouss Daniel
In The Navy - Julien Kedryna
Le lacéré anonyme - Jacques Villeglé
Entretiens – Jérôme Dupeyrat
The Shelf - Journal 3
Roven n°4
Karbone Magazine n°8 - Parasite
Imagos - Noémie Lothe
Le corps travesti - Michel Journiac
akaBB - tribute to Roni horn 









