Catastrophe imminente, une menace indéfinie, photographies de paysages vidés de toute présence humaine, documents manuscrits, temps post-apocalyptique. Il se noue ici une tension dramatique où phénomènes climatiques insolites, objets saisis dans une troublante solennité, prédateurs et corps humain tronqués, tordus, déformés composent une atmosphère de violence et d’angoisse.

C’est un anti-manuel de survie que nous avons devant les yeux, qui révèle avec ironie l’absurdité de cette stratégie d’anticipation. Les allusions au temps pré-historique ne sont qu’une imitation, un déguisement. Les flèches, dessinées d’après des plans d’évacuation d’hôtels, indiquaient à l’origine le chemin à suivre pour être assuré de trouver l’issue de secours. Mais isolées de leur contexte, elles ne pointent désormais plus vers rien, tout comme les questionnements des Survivalistes « treillis-rangers » du texte de fiction accompagnant ce travail: « Et s’il n’y avait plus du tout d’eau potable ? Et s’il faisait extrêmement froid ? ».
Alors subsistent les images, qui interrogent notre rapport conflictuel à la nature. La survie en dehors de la civilisation exige de renouer avec nos instincts fondamentaux, et les prédateurs représentés ici mettent en lumière la part animale qu’il nous faut développer pour avoir une chance de survie dans ce monde de l’après : donner priorité aux besoins élémentaires, être aux aguets, sentir le danger, trouver un refuge, savoir ce qui est comestible. Mais c’est un constat d’échec : les humains apparaissent comme engourdis, vulnérables et se contentent de mimer de façon grotesque des postures menaçantes. Ces photographies nous mettent devant notre impuissance et notre défiance vis-à-vis d’une vie sauvage avec laquelle nous avons coupé les liens et dont nous ne connaissons plus rien.
Il s’agirait donc de survivre, mais rien n’est sûr. Cette catastrophe imminente est-elle réelle ? N’est-ce pas plutôt une attente flottante, contemplative, d’un monde qui se dégrade ? Ces plans de secours peuvent-ils nous aider ? Et que faire de ces listes de choses à avoir en cas de survie, jusqu’où va-t-on avec des allumettes tempête ?

Vacuité 9090 - Jérémy Piningre
Roven n°5
La traversée - Magali Brueder
Holy Mountain - Maia Matches, Knuckles & Notch
Mökki n°2
Jean-Jacques a dit - Angèle Douche
Tchat - Gary Colin
[piʃaˈsɐ̃w̃] - antoine lefebvre editions,
Salt Crystal - Fabio Parizzi
Zoom Age - Julien Auregan
Le déclin du professeur de tennis - Fabienne Radi
akaBB - tribute to Roni horn
movement in squares - Stefanie Leinhos
Gros Gris n°4 - Duel
Holy etc. - Fabienne Radi
Le vieux père - Laurent Kropf
Le dos des choses - Guillaume Goutal
Le chateau enchanté - Atelier Mclane
Grilles - Zelda Mauger
La Fête - Damien Tran
Dédale - Laurent Chardon
Shanghai Cosmetic - Leslie Moquin
Temps d'arrêt - Etienne Buyse
Illusive prosody - Alex Beaurain
16 x 421 - Lorraine Druon
Atopoz - Collectif
Jérôme LeGlatin (avec Mel Crawford) - Le Crash
Talweg 6 - La distance
Tomber dans l'escalier - Jasper Sebastian Stürup
Deep state - Mathieu Desjardins
Acteurs d'un film gravé. Docteur A. Infirmier O. - Annabelle Dupret, Olivier Deprez et Adolpho Avril
Saveurs imprévues et secrètes - Gilbert Lascault
16 x 421 - Lorraine Druon
Roven n°4
Rois de la forêt - Alain Garlan
La Typographie Moderne - Robin Kinross
Gnose & Gnose & Gnose - Aymeric Vergnon-d'Alençon 









