Catastrophe imminente, une menace indéfinie, photographies de paysages vidés de toute présence humaine, documents manuscrits, temps post-apocalyptique. Il se noue ici une tension dramatique où phénomènes climatiques insolites, objets saisis dans une troublante solennité, prédateurs et corps humain tronqués, tordus, déformés composent une atmosphère de violence et d’angoisse.

C’est un anti-manuel de survie que nous avons devant les yeux, qui révèle avec ironie l’absurdité de cette stratégie d’anticipation. Les allusions au temps pré-historique ne sont qu’une imitation, un déguisement. Les flèches, dessinées d’après des plans d’évacuation d’hôtels, indiquaient à l’origine le chemin à suivre pour être assuré de trouver l’issue de secours. Mais isolées de leur contexte, elles ne pointent désormais plus vers rien, tout comme les questionnements des Survivalistes « treillis-rangers » du texte de fiction accompagnant ce travail: « Et s’il n’y avait plus du tout d’eau potable ? Et s’il faisait extrêmement froid ? ».
Alors subsistent les images, qui interrogent notre rapport conflictuel à la nature. La survie en dehors de la civilisation exige de renouer avec nos instincts fondamentaux, et les prédateurs représentés ici mettent en lumière la part animale qu’il nous faut développer pour avoir une chance de survie dans ce monde de l’après : donner priorité aux besoins élémentaires, être aux aguets, sentir le danger, trouver un refuge, savoir ce qui est comestible. Mais c’est un constat d’échec : les humains apparaissent comme engourdis, vulnérables et se contentent de mimer de façon grotesque des postures menaçantes. Ces photographies nous mettent devant notre impuissance et notre défiance vis-à-vis d’une vie sauvage avec laquelle nous avons coupé les liens et dont nous ne connaissons plus rien.
Il s’agirait donc de survivre, mais rien n’est sûr. Cette catastrophe imminente est-elle réelle ? N’est-ce pas plutôt une attente flottante, contemplative, d’un monde qui se dégrade ? Ces plans de secours peuvent-ils nous aider ? Et que faire de ces listes de choses à avoir en cas de survie, jusqu’où va-t-on avec des allumettes tempête ?

Grilles - Zelda Mauger
Bokkusu - Nigel Peake
Saint Julien l'hospitalier Tome 2 - Claire Pedot
Jířa - Lucie Lučanská
Pectus Excavatum - Quentin Yvelin
In The Navy - Julien Kedryna
Roven n°4
Revue La Ronde n°14
WREK The Algorithm! - Aarnoud Rommens, Olivier Deprez
Les Grands Ensembles - Léo Guy-Denarcy
Photographic Fields - Joël Van Audenhaege
Optical Sound 2
Le blanc nez - Fouss Daniel
Aurore Colbert - Marie Mons
America - Ayline Olukman, Hélène Gaudy
Pas vu Pas pris - Collectif, Olivier Deloignon, Guillaume Dégé
Paysageur n°3 - Mobiles
Karbone Magazine n°8 - Parasite
ADBC du Dessin - Jacques Floret
De lave et de fer - Laurent Feynerou
La typographie des Penguin Classics - Andrew Barker
MENU メニュー - Wataru Tominaga
Talweg 6 - La distance
The Book Fight - Chihoi
Future Book(s) Sharing Ideas on Books and (Art) Publishing - dir. Pia Pol, Astrid Vorstermans
Link Human / Robot - Collectif dir. Emmanuelle Grangier
La Typographie Moderne - Robin Kinross
Ellipse - Ismail Alaoui-Fdili
Lazy Painter - Angela Gjergjaj, Jordi Bucher and Mirco Petrini
Temps d'arrêt - Etienne Buyse
Sans titre - Chris Kiss
Avec ce qu'il resterait à dire - Anne Maurel
Gnose & Gnose & Gnose - Aymeric Vergnon-d'Alençon 









