Catastrophe imminente, une menace indéfinie, photographies de paysages vidés de toute présence humaine, documents manuscrits, temps post-apocalyptique. Il se noue ici une tension dramatique où phénomènes climatiques insolites, objets saisis dans une troublante solennité, prédateurs et corps humain tronqués, tordus, déformés composent une atmosphère de violence et d’angoisse.

C’est un anti-manuel de survie que nous avons devant les yeux, qui révèle avec ironie l’absurdité de cette stratégie d’anticipation. Les allusions au temps pré-historique ne sont qu’une imitation, un déguisement. Les flèches, dessinées d’après des plans d’évacuation d’hôtels, indiquaient à l’origine le chemin à suivre pour être assuré de trouver l’issue de secours. Mais isolées de leur contexte, elles ne pointent désormais plus vers rien, tout comme les questionnements des Survivalistes « treillis-rangers » du texte de fiction accompagnant ce travail: « Et s’il n’y avait plus du tout d’eau potable ? Et s’il faisait extrêmement froid ? ».
Alors subsistent les images, qui interrogent notre rapport conflictuel à la nature. La survie en dehors de la civilisation exige de renouer avec nos instincts fondamentaux, et les prédateurs représentés ici mettent en lumière la part animale qu’il nous faut développer pour avoir une chance de survie dans ce monde de l’après : donner priorité aux besoins élémentaires, être aux aguets, sentir le danger, trouver un refuge, savoir ce qui est comestible. Mais c’est un constat d’échec : les humains apparaissent comme engourdis, vulnérables et se contentent de mimer de façon grotesque des postures menaçantes. Ces photographies nous mettent devant notre impuissance et notre défiance vis-à-vis d’une vie sauvage avec laquelle nous avons coupé les liens et dont nous ne connaissons plus rien.
Il s’agirait donc de survivre, mais rien n’est sûr. Cette catastrophe imminente est-elle réelle ? N’est-ce pas plutôt une attente flottante, contemplative, d’un monde qui se dégrade ? Ces plans de secours peuvent-ils nous aider ? Et que faire de ces listes de choses à avoir en cas de survie, jusqu’où va-t-on avec des allumettes tempête ?

Eros negro n°4 - Démoniak
Le dos des choses - Guillaume Goutal
Pectus Excavatum - Quentin Yvelin
Intérieurs - Claude-Hubert Tatot
An artist - Malena Pizani
Before Science - Gilles Pourtier, Anne-Claire Broc'h
Poétique d'une introspection visuelle - Jean-Charles Andrieu de Levis, Alex Barbier
Burning Images, A History of Effigy Protests - Florian Göttke
Délié - Baptiste Oberson
Je ne peux pas ne pas - Geneviève Romang
twen [1959–1971]
Eurob0ys Crysis - Massimiliano Bomba, Leon Sadler, Yannick Val Gesto
Titanic Orchestra - Julien Mauve
Entretiens – Jérôme Dupeyrat
Optical Sound 3
Sillo n°3 - Le Fauve
š! #39 'The End' - coll.
JJ – Tartine-moi et autres textes - Jill Johnston
Aurore Colbert - Marie Mons
Eldorado maximum - Les commissaires anonymes
Dédale - Laurent Chardon
Blaclywall by Sihab Baik - Claude Closky
Jířa - Lucie Lučanská
Tomber dans l'escalier - Jasper Sebastian Stürup
Hobo Nickel - Damien Sauvage
Rocher du Ciel - Martin Desinde
fig. #6 - antithèse
Slanted 30 - Athens
RÉVÉSZ LÁSZLÓ LÁSZLÓ , Not Secret
Slanted 24 - Istanbul
Gnose & Gnose & Gnose - Aymeric Vergnon-d'Alençon
Planning - Pierre Escot
Dernier royaume - Quentin Derouet
Poèmes - Yvonne Rainer
Gros Gris n°4 - Duel 









