Catastrophe imminente, une menace indéfinie, photographies de paysages vidés de toute présence humaine, documents manuscrits, temps post-apocalyptique. Il se noue ici une tension dramatique où phénomènes climatiques insolites, objets saisis dans une troublante solennité, prédateurs et corps humain tronqués, tordus, déformés composent une atmosphère de violence et d’angoisse.

C’est un anti-manuel de survie que nous avons devant les yeux, qui révèle avec ironie l’absurdité de cette stratégie d’anticipation. Les allusions au temps pré-historique ne sont qu’une imitation, un déguisement. Les flèches, dessinées d’après des plans d’évacuation d’hôtels, indiquaient à l’origine le chemin à suivre pour être assuré de trouver l’issue de secours. Mais isolées de leur contexte, elles ne pointent désormais plus vers rien, tout comme les questionnements des Survivalistes « treillis-rangers » du texte de fiction accompagnant ce travail: « Et s’il n’y avait plus du tout d’eau potable ? Et s’il faisait extrêmement froid ? ».
Alors subsistent les images, qui interrogent notre rapport conflictuel à la nature. La survie en dehors de la civilisation exige de renouer avec nos instincts fondamentaux, et les prédateurs représentés ici mettent en lumière la part animale qu’il nous faut développer pour avoir une chance de survie dans ce monde de l’après : donner priorité aux besoins élémentaires, être aux aguets, sentir le danger, trouver un refuge, savoir ce qui est comestible. Mais c’est un constat d’échec : les humains apparaissent comme engourdis, vulnérables et se contentent de mimer de façon grotesque des postures menaçantes. Ces photographies nous mettent devant notre impuissance et notre défiance vis-à-vis d’une vie sauvage avec laquelle nous avons coupé les liens et dont nous ne connaissons plus rien.
Il s’agirait donc de survivre, mais rien n’est sûr. Cette catastrophe imminente est-elle réelle ? N’est-ce pas plutôt une attente flottante, contemplative, d’un monde qui se dégrade ? Ces plans de secours peuvent-ils nous aider ? Et que faire de ces listes de choses à avoir en cas de survie, jusqu’où va-t-on avec des allumettes tempête ?

Aurore Colbert - Marie Mons
Dans la Lune - Fanette Mellier
Donne des racines au loup-garou & fais courir l'arbre la nuit - Pauline Barzilaï
Wayfaring - Patrick Messina, André S. Labarthe
Critique d'art n°55
Dessins pour Rugir - Virginie Rochetti
In The Navy - Julien Kedryna
Flynn zine # 1 - Flynn Maria Bergmann
Pectus Excavatum - Quentin Yvelin
Un cheval, des silex - Benoît Maire, Sally Bonn
Le Choix du peuple - Nicolas Savary, Tilo Steireif
Idoine & Sissy Hankshaw
Goodbye - Hsia-Fei Chang, Sofia Eliza Bouratsis, Medhi Brit, Enrico Lunghi
Collection - Adélaïde Gaudéchoux
Le corps travesti - Michel Journiac
Ilya Ehrenbourg - Et pourtant elle tourne
Piotr - Pierre Escot, Denis Lavant
Dear Paul - Paul Van der Eerden
À partir de n°1 - Coll.
Saint Julien l'hospitalier Tome 2 - Claire Pedot
Holy Mountain - Maia Matches, Knuckles & Notch
Dédale - Laurent Chardon
Objets Minces - Collectif
Lazy Painter - Angela Gjergjaj, Jordi Bucher and Mirco Petrini
Teddy et le Grand Terrible - Orian Mariat.
Un cahier - Michel Quarez
Le dos des choses - Guillaume Goutal
Blaclywall by Sihab Baik - Claude Closky
il y avait une ville - Laeticia L'Heureux
Titanic Orchestra - Julien Mauve
Ar(t)chitectures situées - Étienne Delprat
Before Science - Gilles Pourtier, Anne-Claire Broc'h
Jérôme LeGlatin (avec Mel Crawford) - Le Crash
Photographic Fields - Joël Van Audenhaege
interférence - 3 - maycec
fig. #6 - antithèse
Gros Gris n°4 - Duel 









