Catastrophe imminente, une menace indéfinie, photographies de paysages vidés de toute présence humaine, documents manuscrits, temps post-apocalyptique. Il se noue ici une tension dramatique où phénomènes climatiques insolites, objets saisis dans une troublante solennité, prédateurs et corps humain tronqués, tordus, déformés composent une atmosphère de violence et d’angoisse.

C’est un anti-manuel de survie que nous avons devant les yeux, qui révèle avec ironie l’absurdité de cette stratégie d’anticipation. Les allusions au temps pré-historique ne sont qu’une imitation, un déguisement. Les flèches, dessinées d’après des plans d’évacuation d’hôtels, indiquaient à l’origine le chemin à suivre pour être assuré de trouver l’issue de secours. Mais isolées de leur contexte, elles ne pointent désormais plus vers rien, tout comme les questionnements des Survivalistes « treillis-rangers » du texte de fiction accompagnant ce travail: « Et s’il n’y avait plus du tout d’eau potable ? Et s’il faisait extrêmement froid ? ».
Alors subsistent les images, qui interrogent notre rapport conflictuel à la nature. La survie en dehors de la civilisation exige de renouer avec nos instincts fondamentaux, et les prédateurs représentés ici mettent en lumière la part animale qu’il nous faut développer pour avoir une chance de survie dans ce monde de l’après : donner priorité aux besoins élémentaires, être aux aguets, sentir le danger, trouver un refuge, savoir ce qui est comestible. Mais c’est un constat d’échec : les humains apparaissent comme engourdis, vulnérables et se contentent de mimer de façon grotesque des postures menaçantes. Ces photographies nous mettent devant notre impuissance et notre défiance vis-à-vis d’une vie sauvage avec laquelle nous avons coupé les liens et dont nous ne connaissons plus rien.
Il s’agirait donc de survivre, mais rien n’est sûr. Cette catastrophe imminente est-elle réelle ? N’est-ce pas plutôt une attente flottante, contemplative, d’un monde qui se dégrade ? Ces plans de secours peuvent-ils nous aider ? Et que faire de ces listes de choses à avoir en cas de survie, jusqu’où va-t-on avec des allumettes tempête ?

Holy Mountain - Maia Matches, Knuckles & Notch
Rupture (fragments) - Benjamin Monti, Jean-Charles Andrieu de Levis
Norovirus - Orgie en mers chaudes - Claude Grétillat
Les Grands Ensembles - Léo Guy-Denarcy
Papier magazine n°06 - Coupe du monde
Cuadernos - Henry Deletra
Jérôme LeGlatin (avec Mel Crawford) - Le Crash
Mökki n°2
Good Company - Paul Van der Eerden
À partir de n°1 - Coll.
Économies silencieuses et audaces approximatives - Guy Chevalier [& coll.]
Ventoline 5 - Coll.
Le blanc nez - Fouss Daniel
Une goutte d'homme - Alice Dourlen
La tour Tatline - Georgi Stanishev
Eldorado maximum - Les commissaires anonymes
Buiding a wall - A book by Roméo Julien
SKKS - Gilles Pourtier
Dear Paul - Paul Van der Eerden
Black Case Volume I and II: Return From Exile - Joseph Jarman
Dernier royaume - Quentin Derouet
Objets Minces - Collectif
Mökki n°4
Paysageur n°3 - Mobiles
Flower finds - Orianne Jeanselme
Piano - Joseph Charroy
L'œuvre des matières - Ivry Serres
Planning - Pierre Escot
A l'origine - Anne-Émilie-Philippe
Quels problèmes les artistes éditeurices peuvent-iels résoudre ? - Collectif
š! #39 'The End' - coll.
Poster Tribune # 11
Farandole - Jérémie Fischer
Photographic Fields - Joël Van Audenhaege
Dédale - Laurent Chardon 









