Catastrophe imminente, une menace indéfinie, photographies de paysages vidés de toute présence humaine, documents manuscrits, temps post-apocalyptique. Il se noue ici une tension dramatique où phénomènes climatiques insolites, objets saisis dans une troublante solennité, prédateurs et corps humain tronqués, tordus, déformés composent une atmosphère de violence et d’angoisse.

C’est un anti-manuel de survie que nous avons devant les yeux, qui révèle avec ironie l’absurdité de cette stratégie d’anticipation. Les allusions au temps pré-historique ne sont qu’une imitation, un déguisement. Les flèches, dessinées d’après des plans d’évacuation d’hôtels, indiquaient à l’origine le chemin à suivre pour être assuré de trouver l’issue de secours. Mais isolées de leur contexte, elles ne pointent désormais plus vers rien, tout comme les questionnements des Survivalistes « treillis-rangers » du texte de fiction accompagnant ce travail: « Et s’il n’y avait plus du tout d’eau potable ? Et s’il faisait extrêmement froid ? ».
Alors subsistent les images, qui interrogent notre rapport conflictuel à la nature. La survie en dehors de la civilisation exige de renouer avec nos instincts fondamentaux, et les prédateurs représentés ici mettent en lumière la part animale qu’il nous faut développer pour avoir une chance de survie dans ce monde de l’après : donner priorité aux besoins élémentaires, être aux aguets, sentir le danger, trouver un refuge, savoir ce qui est comestible. Mais c’est un constat d’échec : les humains apparaissent comme engourdis, vulnérables et se contentent de mimer de façon grotesque des postures menaçantes. Ces photographies nous mettent devant notre impuissance et notre défiance vis-à-vis d’une vie sauvage avec laquelle nous avons coupé les liens et dont nous ne connaissons plus rien.
Il s’agirait donc de survivre, mais rien n’est sûr. Cette catastrophe imminente est-elle réelle ? N’est-ce pas plutôt une attente flottante, contemplative, d’un monde qui se dégrade ? Ces plans de secours peuvent-ils nous aider ? Et que faire de ces listes de choses à avoir en cas de survie, jusqu’où va-t-on avec des allumettes tempête ?

Je ne peux pas ne pas - Geneviève Romang
Délié - Baptiste Oberson
Eurob0ys Crysis - Massimiliano Bomba, Leon Sadler, Yannick Val Gesto
ARTZINES #1, Paris issue
L'inventaire des destructions - Éric Watier
Lazy Painter - Angela Gjergjaj, Jordi Bucher and Mirco Petrini
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Yerevan 1996/1997 - Ursula Schulz-Dornburg
Anthologie Douteuses (2010—2020) - Élodie Petit & Marguerin Le Louvier
Strates & Archipels - Pierre Merle
Good Company - Paul Van der Eerden
Pas vu Pas pris - Collectif, Olivier Deloignon, Guillaume Dégé
Slanted 24 - Istanbul
Le singe et le bijoux - Roxane Lumeret
Laura Mulvay - Fetichisme et curiosité
WREK The Algorithm! - Aarnoud Rommens, Olivier Deprez
Morph - Camilo García A.
Incipit - Aymeric Vergnon
Dernier royaume - Quentin Derouet
Seoul Flowers & Trees - tribute to Lee Friedlander
Il était deux fois - Gary Colin
Titanic Orchestra - Julien Mauve
ICCMHW - Atelier Choque Le Goff
Dédale - Laurent Chardon
Roven n°5
La construction - Perrine Le Querrec
Radio-Art - Tetsuo Kogawa
Polyphème (d'après Euripide) - J. & E. LeGlatin
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Philonimo - Le Lézard de Heidegger - Alice Brière-Haquet, Sophie Vissière
Le vieux père - Laurent Kropf
Tomber dans l'escalier - Jasper Sebastian Stürup
Le voyeur - entretiens - Éric Rondepierre - Julien Milly
Poèmes - Yvonne Rainer
S ! Imperfect shapes, #38 - Baltic Comics Magazine
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