
Au travers de 120 reproductions de sculptures, d’installations, d’objets, de situations, de photomontages, de photographies de Patrice Carré, de trois textes de Catherine Elkar, de Lise Guéhenneux, d’Emmanuel Latreille, de deux reproductions de peintures fétiches qui ont quatre cent six ans d’écart, d’un long entretien avec Alexandre Castant, de quarante six notices iconographiques très graphiques, on peut y découvrir le travail de l’artiste depuis la fin des années 1980.
« La pratique et recherche artistique qui m’anime est ouverte, curieuse, voir malicieuse. “Creuser” un médium unique ne m’intéresse pas. Tout le développement depuis des années s’ancre à la base sur la réalisation d’images faites à partir de petits mondes que je reconstituais pour les photographier. Je suis vite passé d’une dimension miniature pour entreprendre des constructions issues elles-mêmes de maquettes. Cela a produit des formes très variées, avec des matériaux divers souvent issus d’éléments destinés à ce que je pourrais désigner sous le registre des moyens possibles empruntés à l’“habillage” du monde domestique.
Je suis aussi amateur de musiques hors norme. Il m’arrive pour des projets de faire des musiques seul, ou en collaboration avec d’autres. J’utilise le son comme une “matière plastique transparente”. Ces musiques peuvent prolonger des sculptures ou être un des éléments dans des installations. Je conçois aussi des dispositifs de diffusion acoustique de type mobilier. J’ai réalisé ces dernières années plusieurs commandes publiques importantes souvent pour des espaces intérieurs. Je regarde avec amusement, délectation, et fatigue des yeux, pour leur gravité, les grandes figures de l’art du XXe siècle, et n’hésite pas à jouer avec.
Mon travail pour le résumer consiste à faire des allers-retours entre le savant et le populaire sur des situations, des objets, des sites, des œuvres, des images, des écrits, parfois des anecdotes à l’intérieur desquels je puise allègrement pour en déplacer les signes et les fonctions. Avec précision. Selon les besoins je réalise ou fait réaliser. Le territoire physique qui fait source pour moi est plutôt relié au monde urbain ; le construit, le fabriqué, les objets manufacturés. En terme de mise en œuvre, le meilleur moment c’est lorsque le projet commence. Qu’il soit pour des productions à l’atelier, ou pour répondre à des projets. »
Patrice Carré

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Débris N°2 - Théo Garnier Greuez
Critique d'art n°55 



















